Grille AGGIR : comprendre la classification GIR 1 à 6
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie – Groupes Iso-Ressources) est l’outil officiel en France pour évaluer la perte d’autonomie des personnes âgées et déterminer leur GIR (Groupe Iso-Ressource, de 1 à 6). Elle sert à orienter les décisions médicales et sociales, notamment l’attribution de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et le choix entre maintien à domicile ou orientation en établissement.
Qu’est‑ce que la grille AGGIR ?
La grille AGGIR repose sur une approche fonctionnelle : elle mesure la capacité d’une personne à accomplir les activités de la vie quotidienne (AVQ) et détecte les troubles cognitifs et comportementaux qui influencent la dépendance.
Conçue dans les années 1970 et utilisée dans les dispositifs administratifs depuis, elle reste la référence pour classifier les besoins d’aide et répartir les ressources publiques.
Structure et contenu de la grille AGGIR
Les 17 items AGGIR comporte 17 variables évaluées par un professionnel formé (infirmier, ergothérapeute, assistant social). Ces variables se répartissent en deux catégories :
- items discriminants : essentiels pour le calcul du GIR (par ex. cohérence, orientation temporo‑spatiale, toilette, habillage, alimentation, élimination, déplacements, relations sociales) ;
- items non discriminants : informations complémentaires sur le contexte des aides, la surveillance ou les besoins médicaux. Chaque item est cotée selon le degré d’autonomie observé (de la réalisation autonome à la dépendance totale). L’évaluation se base sur l’état habituel de la personne, en tenant compte de l’environnement et des aides existantes.
Comment se calcule le GIR ?
Le GIR est déterminé par la combinaison des réponses aux items discriminants selon l’algorithme officiel de la grille. Le résultat classe la personne dans l’un des six groupes :
- GIR 1 : dépendance maximale – personnes alitées ou en fauteuil, incohérentes, nécessitant aide et surveillance constantes ;
- GIR 2–3 : dépendance élevée – aides quotidiennes importantes ou troubles cognitifs sévères ;
- GIR 4 : dépendance modérée – maintien d’autonomie pour l’alimentation mais aide pour l’hygiène et les tâches domestiques ;
- GIR 5–6 : dépendance légère à inexistante – aide occasionnelle pour tâches domestiques ou autonomie complète (GIR 6). Le GIR sert de base pour l’éligibilité à l’APA et pour ajuster le niveau d’intervention des services d’aide à domicile.
Usages pratiques et finalités
La grille AGGIR est utilisée par les équipes médico‑sociales et les services départementaux pour :
- décider de l’éligibilité et du niveau d’APA ;
- orienter vers des services adaptés (aide à domicile, portage de repas, ergothérapie, EHPAD) ;
- prioriser les interventions infirmières et sociales ;
- recueillir des données pour la planification des politiques gérontologiques. Pour les aidants et les professionnels, AGGIR fournit un langage commun facilitant la coordination des prises en charge.
Avantages et limites
AGGIR présente plusieurs avantages : standardisation des évaluations, focalisation sur les AVQ et utilité administrative et clinique. Cependant la grille a des limites : la fiabilité peut varier selon l’évaluateur, l’évaluation est ponctuelle et peut ne pas refléter les fluctuations (notamment des troubles cognitifs), et certains aspects — fragilité, capacités instrumentales, souffrance psychologique ou isolement social — sont peu couverts. Pour une prise en charge complète, il est recommandé de compléter AGGIR par d’autres outils (MMSE/MoCA pour la cognition, échelles de fragilité, bilan nutritionnel, évaluation des risques de chute).
Bonnes pratiques d’évaluation pour garantir une évaluation pertinente et reproducible
- confier la passation à des évaluateurs formés (infirmiers, ergothérapeutes, travailleurs sociaux) ;
- s’appuyer sur l’observation directe, l’entretien et le recueil d’informations auprès des proches et équipes soignantes ;
- évaluer l’état habituel (éviter de faire la cotation sur un épisode aigu) ;
- réévaluer après tout changement clinique significatif ou au moins tous les 6–12 mois ;
- intégrer la cotation AGGIR dans un dossier gériatrique global et un plan personnalisé de soins.
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