Comment rendre une mediathèque ou une bibliothèque accessible ?
Les médiathèques et bibliothèques municipales occupent une place importante dans la vie culturelle des communes. Consultation et emprunt d’ouvrages, accès aux ressources numériques, ateliers, conférences et rencontres : ces établissements accueillent des publics de tous âges, aux capacités de déplacement et aux besoins très différents. Leur accessibilité doit permettre à chacun d’utiliser les services proposés, notamment aux personnes à mobilité réduite (PMR) et aux personnes en situation de handicap.
Rendre une médiathèque accessible suppose d’abord de garantir l’accès au bâtiment et la circulation des personnes en fauteuil roulant ou utilisant une aide à la marche. L’aménagement des entrées, des cheminements, des rayonnages, des postes de consultation et des sanitaires constitue un premier volet essentiel. L’accessibilité concerne également les personnes malentendantes, malvoyantes ou présentant des troubles cognitifs, qui peuvent rencontrer d’autres obstacles dans l’utilisation des services culturels.
Pour les collectivités, ces aménagements répondent aux obligations d’accessibilité des établissements recevant du public (ERP). Ils nécessitent une analyse des caractéristiques du bâtiment, des équipements existants et des usages afin de proposer des solutions adaptées à chaque médiathèque.
Accessibilité PMR : aménager les entrées et les cheminements des médiathèques
L’accès à une médiathèque peut être compromis par quelques marches, un seuil surélevé, une porte difficile à manœuvrer ou un cheminement extérieur présentant une pente importante. Ces obstacles concernent les personnes en fauteuil roulant, mais également les visiteurs utilisant des béquilles, un déambulateur ou rencontrant des difficultés à marcher.
Le parcours accessible doit être étudié depuis les abords du bâtiment jusqu’aux différents services. Les cheminements doivent présenter un revêtement stable, non meuble et non glissant, une largeur adaptée et des espaces de manœuvre permettant le déplacement des personnes à mobilité réduite.
Les accès depuis les places de stationnement adaptées, les transports en commun et la voie publique doivent également être pris en compte. Une entrée conforme ne garantit pas l’accessibilité si le cheminement permettant de la rejoindre comporte des obstacles infranchissables.
Installer une rampe d’accès PMR à l’entrée d’une médiathèque
Dans les médiathèques existantes, les différences de niveaux à l’entrée constituent une difficulté fréquente. L’installation d’une rampe d’accès PMR peut permettre de franchir une marche ou plusieurs marches lorsque la configuration du bâtiment offre une longueur suffisante.
Le choix d’une rampe dépend de la hauteur à franchir, de l’espace disponible, de la fréquence d’utilisation et des caractéristiques des fauteuils roulants susceptibles de l’emprunter. Une rampe permanente peut être intégrée au cheminement principal. Une rampe amovible peut également être envisagée dans certaines configurations, sous réserve de respecter les conditions réglementaires applicables.
Pour les ERP situés dans un cadre bâti existant, l’arrêté du 8 décembre 2014 prévoit une pente maximale de 6 % dans le cas général. Des pentes plus importantes sont tolérées exceptionnellement : jusqu’à 10 % sur une longueur maximale de 2 mètres et jusqu’à 12 % sur une longueur maximale de 50 centimètres.
À titre d’exemple, pour franchir une hauteur de 15 cm avec une pente de 6 %, une rampe doit présenter une longueur horizontale de 2,50 mètres, hors paliers nécessaires. Le dimensionnement doit également intégrer la largeur utile, les espaces de manœuvre, la stabilité et les protections adaptées à la configuration.
Une rampe trop courte peut présenter une inclinaison difficile, voire dangereuse, pour une personne en fauteuil roulant manuel. La conformité réglementaire et les conditions réelles d’utilisation doivent donc être examinées avant le choix de l’équipement.
Faciliter la circulation des fauteuils roulants entre les rayonnages
Une fois à l’intérieur, les visiteurs doivent pouvoir rejoindre les différents espaces de la médiathèque : collections documentaires, espaces jeunesse, salles de lecture, postes informatiques, banques de prêt et salles d’animation.
La disposition des rayonnages doit permettre le passage des fauteuils roulants et les changements de direction. Les largeurs de circulation doivent respecter les prescriptions applicables aux ERP, en distinguant notamment les cheminements structurants des espaces secondaires.
Les présentoirs temporaires, chariots de livres, tables d’exposition et mobiliers mobiles ne doivent pas réduire les largeurs nécessaires au déplacement. L’accessibilité doit être maintenue pendant les périodes d’affluence et lors des manifestations culturelles.
L’implantation des collections mérite également une attention particulière. Les ouvrages situés sur les étagères les plus hautes ou les plus basses peuvent être difficiles à atteindre pour une personne en position assise. L’organisation des rayonnages et l’assistance proposée par le personnel doivent permettre aux visiteurs de consulter et d’emprunter les documents recherchés.
Rendre accessibles les différents niveaux d’une bibliothèque
Les médiathèques réparties sur plusieurs étages doivent permettre aux personnes à mobilité réduite d’accéder aux espaces et aux prestations ouverts au public, dans les conditions prévues par la réglementation.
Lorsque les différences de niveaux ne peuvent pas être supprimées par un aménagement de plain-pied, l’installation d’un ascenseur peut être nécessaire. Dans certaines situations réglementairement encadrées, un appareil élévateur vertical peut constituer une solution alternative.
Le choix du dispositif dépend notamment de la hauteur à franchir, de l’emprise disponible, de la configuration des circulations et des caractéristiques du bâtiment.
Les escaliers doivent également être aménagés pour sécuriser les déplacements des personnes présentant des difficultés motrices ou visuelles, notamment par des mains courantes et des dispositifs de repérage adaptés.
Dans les établissements existants, la répartition des collections et des activités doit être examinée afin d’éviter qu’un service essentiel soit inaccessible aux visiteurs ne pouvant pas emprunter les escaliers.
Banques d’accueil, mobilier et sanitaires : des équipements adaptés aux PMR
L’accessibilité d’une médiathèque doit permettre aux visiteurs d’utiliser les équipements mis à leur disposition sans être systématiquement dépendants de l’assistance du personnel.
Aménager une banque d’accueil accessible en fauteuil roulant
La banque d’accueil est utilisée pour les inscriptions, les renseignements, les emprunts et les retours de documents. Elle doit permettre une communication de face entre les visiteurs et le personnel, y compris lorsqu’une personne se présente en fauteuil roulant.
Dans les ERP existants, lorsqu’un usage tel que lire, écrire ou utiliser un clavier est nécessaire, la partie adaptée du comptoir doit notamment présenter une hauteur maximale de 80 cm et un vide inférieur d’au moins 70 cm de hauteur, 60 cm de largeur et 30 cm de profondeur, sous réserve des dispositions particulières prévues par les textes.
L’aménagement doit également tenir compte de l’approche du fauteuil roulant, de l’accessibilité des équipements de prêt et de la visibilité des informations affichées.
Adapter les tables de lecture et les postes informatiques
Les espaces de consultation doivent comprendre du mobilier permettant aux personnes en fauteuil roulant de s’installer confortablement et de manipuler les documents.
Les tables adaptées doivent offrir un espace libre suffisant sous le plateau et permettre une approche sans obstacle. Les postes informatiques doivent également être accessibles, avec des écrans et des périphériques pouvant être utilisés depuis une position assise.
Lorsque la médiathèque propose des bornes de prêt ou de retour automatisées, leur implantation et leurs commandes doivent être étudiées pour permettre une utilisation par les personnes à mobilité réduite.
Prévoir des sanitaires accessibles
Les sanitaires ouverts au public doivent respecter les exigences d’accessibilité applicables à l’établissement.
L’aménagement d’un WC PMR comprend notamment un espace permettant les manœuvres du fauteuil roulant, un espace d’usage à proximité de la cuvette, une barre d’appui et un lavabo utilisable en position assise.
L’accès aux sanitaires doit être assuré par un cheminement praticable, sans obstacle ni stockage de matériel dans les circulations.
Ces équipements sont particulièrement importants dans les médiathèques où les visiteurs peuvent rester plusieurs heures pour travailler, consulter des documents ou participer à des activités.
Accessibilité auditive : équiper les médiathèques de boucles à induction magnétique
Les médiathèques sont des lieux de communication. Les échanges avec les bibliothécaires, les renseignements donnés au comptoir, les conférences et les animations reposent largement sur la compréhension de la parole.
Pour les personnes malentendantes, les conversations simultanées, les bruits ambiants et la distance avec l’interlocuteur peuvent rendre les informations difficiles à comprendre, y compris lorsqu’elles portent des appareils auditifs.
La boucle à induction magnétique (BIM) constitue une solution technique destinée à améliorer la transmission du son aux personnes équipées d’aides auditives compatibles.
Comment fonctionne une boucle à induction magnétique ?
Une boucle à induction magnétique transmet un signal audio au moyen d’un champ magnétique capté par les appareils auditifs compatibles équipés d’une bobine téléphonique.
Lorsque l’utilisateur active le programme correspondant, généralement appelé position T, le son provenant du microphone est transmis directement à son aide auditive. Ce fonctionnement limite l’influence des bruits environnants et améliore l’intelligibilité de la parole.
Dans une médiathèque, une boucle magnétique de guichet permet de faciliter les échanges entre les visiteurs malentendants et le personnel d’accueil.
Des systèmes couvrant une surface plus importante peuvent également être installés dans les salles de conférence, les auditoriums ou les espaces accueillant des animations sonorisées.
La boucle magnétique est-elle obligatoire dans une médiathèque ?
L’article 5 de l’arrêté du 8 décembre 2014 prévoit des obligations spécifiques concernant les boucles à induction magnétique dans les établissements recevant du public existants.
Les accueils des ERP remplissant une mission de service public, ainsi que ceux des établissements de première et deuxième catégories, doivent notamment être équipés d’un dispositif de transmission du signal acoustique par induction magnétique.
Les médiathèques municipales remplissant une mission de service public sont donc concernées par ces dispositions.
Le dispositif doit être signalé par un pictogramme identifiable. Son installation doit respecter les caractéristiques techniques applicables, notamment celles relatives à la qualité de transmission du signal.
Où installer une boucle magnétique dans une bibliothèque ?
La banque d’accueil constitue le premier emplacement à examiner. Une boucle magnétique de proximité permet de transmettre les informations données par le personnel au visiteur équipé d’une aide auditive compatible.
Les salles de conférence et les espaces d’animation peuvent nécessiter des systèmes différents, dimensionnés selon la surface à couvrir et les caractéristiques acoustiques des locaux.
L’installation doit tenir compte des éventuelles perturbations électromagnétiques et des matériaux susceptibles d’influencer le champ magnétique.
Le personnel doit connaître le fonctionnement du dispositif, pouvoir vérifier qu’il est opérationnel et informer les visiteurs de sa disponibilité.
Une boucle magnétique non activée ou défectueuse ne permet pas de garantir la qualité d’écoute attendue.
Accessibilité visuelle : faciliter l’orientation et la consultation des ressources
Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent rencontrer des difficultés pour identifier les différents espaces d’une médiathèque, se déplacer entre les rayonnages et accéder aux informations affichées.
La signalétique doit être lisible, correctement positionnée et présenter des contrastes suffisants. L’éclairage doit faciliter la lecture et les déplacements sans provoquer d’éblouissement.
Les escaliers, portes vitrées et obstacles présents dans les circulations doivent être repérables grâce aux dispositifs prévus par la réglementation.
L’organisation des espaces doit permettre aux visiteurs d’identifier facilement la banque d’accueil, les principales collections, les sanitaires et les sorties.
L’accessibilité visuelle concerne également les ressources documentaires. Les livres en gros caractères, les livres audio et les documents numériques compatibles avec les lecteurs d’écran permettent d’élargir les possibilités de consultation.
Les postes informatiques peuvent être équipés de logiciels d’agrandissement ou de synthèse vocale afin de faciliter l’accès aux catalogues et aux ressources numériques.
Accessibilité cognitive : simplifier l’utilisation des services de la médiathèque
Les personnes présentant des troubles cognitifs, des difficultés de compréhension ou certains handicaps psychiques peuvent rencontrer des obstacles dans l’orientation, la lecture des informations ou l’utilisation des services.
Une organisation claire des espaces facilite le repérage des principales fonctions du bâtiment. Les zones d’accueil, de consultation, de prêt et d’animation doivent pouvoir être identifiées sans nécessiter la compréhension d’une signalétique complexe.
L’utilisation de pictogrammes compréhensibles, de contrastes visuels et d’informations formulées simplement peut améliorer l’autonomie des visiteurs.
Les modalités d’inscription, les règles d’emprunt et les informations pratiques peuvent également être proposées dans des formats adaptés, notamment en Facile à lire et à comprendre (FALC).
Les espaces calmes présentent un intérêt pour les personnes sensibles au bruit ou aux stimulations importantes. Leur implantation doit permettre aux visiteurs de s’isoler temporairement sans être exclus des activités de la médiathèque.
La formation du personnel contribue également à améliorer les conditions d’accueil, en permettant d’adapter les explications et les modalités d’accompagnement aux besoins exprimés.
Rendre accessibles les conférences et les animations culturelles
Les médiathèques proposent de nombreuses activités au-delà du prêt de documents : rencontres avec des auteurs, lectures publiques, ateliers, projections, conférences et événements destinés aux enfants.
Ces activités doivent être organisées dans des espaces accessibles aux personnes en situation de handicap.
Les salles doivent permettre l’accès et l’installation des visiteurs en fauteuil roulant, avec des emplacements adaptés et des cheminements praticables.
Lorsque les événements sont sonorisés, des dispositifs de transmission du son, notamment par induction magnétique, peuvent faciliter la participation des personnes malentendantes équipées d’aides auditives compatibles.
Le sous-titrage, les supports écrits et les modalités de communication adaptées peuvent compléter les équipements techniques selon la nature des animations.
La disposition des intervenants et l’éclairage doivent également favoriser la lecture labiale lorsque celle-ci est utilisée par certains participants.
Les informations relatives aux conditions d’accessibilité doivent être communiquées avant l’événement afin que les visiteurs puissent préparer leur venue.
Quelles normes d’accessibilité s’appliquent aux médiathèques ?
Les médiathèques et bibliothèques ouvertes au public sont soumises aux règles d’accessibilité des établissements recevant du public.
La réglementation distingue les ERP neufs et les établissements situés dans un cadre bâti existant.
Pour les bâtiments existants, l’arrêté du 8 décembre 2014 modifié précise les exigences relatives aux cheminements, aux entrées, aux circulations, aux escaliers, aux équipements d’accueil, aux sanitaires et aux dispositifs de communication.
Pour les ERP neufs, les prescriptions relèvent notamment de l’arrêté du 20 avril 2017 modifié.
Les exigences applicables doivent être déterminées en fonction de la situation du bâtiment, de sa catégorie et des travaux envisagés.
Dans certains bâtiments existants, des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales peuvent justifier l’examen de solutions particulières ou de demandes de dérogation dans les conditions prévues par la réglementation.
Une dérogation ne peut cependant pas être considérée comme acquise du seul fait que les travaux sont complexes ou coûteux.
Les exploitants doivent également mettre à disposition du public un registre public d’accessibilité présentant notamment les conditions d’accès aux prestations, les documents réglementaires concernés et les informations relatives aux équipements et à l’accueil des personnes handicapées.
Comment améliorer l’accessibilité d’une médiathèque existante ?
La mise en accessibilité d’une médiathèque existante doit commencer par l’identification des obstacles rencontrés par les visiteurs.
L’analyse porte sur l’accès au bâtiment, les différences de niveaux, les circulations, la disposition du mobilier, les sanitaires, les équipements d’accueil et les moyens de communication.
Les aménagements doivent ensuite être hiérarchisés en fonction des contraintes du site et de leur importance pour l’accès aux prestations.
Une rampe d’accès peut permettre de supprimer un obstacle à l’entrée. Un réaménagement des rayonnages peut améliorer la circulation des fauteuils roulants. Une banque d’accueil adaptée peut faciliter les inscriptions et les emprunts. L’installation d’une boucle à induction magnétique peut améliorer les échanges avec les personnes malentendantes.
Les solutions retenues doivent également être compatibles avec les conditions d’exploitation de la médiathèque. Les équipements mobiles doivent pouvoir être installés dans des conditions sûres, les cheminements doivent rester dégagés et les dispositifs techniques doivent faire l’objet d’une maintenance régulière.
L’accessibilité dépend enfin de l’information donnée au public et de la capacité du personnel à utiliser les équipements disponibles.
AXSOL : des solutions d’accessibilité pour les médiathèques et bibliothèques municipales
L’amélioration de l’accessibilité des médiathèques nécessite des solutions adaptées à la configuration des bâtiments et aux besoins des différents publics.
AXSOL propose des équipements destinés à faciliter l’accès aux établissements recevant du public et les déplacements des personnes à mobilité réduite.
Les rampes d’accès permettent de traiter certaines différences de niveaux à l’entrée des bâtiments ou sur les cheminements. Les équipements de franchissement peuvent répondre à des contraintes particulières lorsque l’aménagement d’un accès de plain-pied n’est pas réalisable.
Les dispositifs d’aide à l’écoute, notamment les boucles à induction magnétique, permettent quant à eux d’améliorer les conditions de communication avec les visiteurs malentendants.
Chaque solution doit être choisie en tenant compte des caractéristiques du site, de la réglementation applicable et des conditions réelles d’utilisation.
Une médiathèque accessible doit permettre à chaque visiteur d’entrer dans le bâtiment, de circuler entre les espaces, d’utiliser les équipements et de participer aux activités culturelles. L’accessibilité repose sur la continuité de ces usages, depuis l’arrivée dans l’établissement jusqu’à l’accès effectif aux collections et aux services.
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