Stratégie Nationale Sport et Handicap 2030 : objectifs et actions détaillées
Le 30 janvier 2026, l’État a dévoilé la Stratégie nationale Sport & Handicap 2030 : une feuille de route visant à faire du sport un droit effectif pour les personnes en situation de handicap, sur l’ensemble du territoire. Le point de départ : 47 % des personnes en situation de handicap déclarent pratiquer une activité physique ou sportive, contre 80 % dans l’ensemble de la population.
Pour les collectivités, gestionnaires d’équipements, clubs, fédérations et organisateurs d’événements, cette stratégie ne relève pas d’une simple déclaration d’intention. Elle structure une montée en puissance progressive, avec des priorités claires, des outils opérationnels, une gouvernance identifiée et un suivi dans le temps.
Dans cet article, nous décryptons les étapes de la stratégie, ses évolutions par rapport à la première version, et les acteurs clés, avec un focus particulier sur les enjeux liés à l’accessibilité des infrastructures sportives et des événements, au cœur du métier d’AXSOL.
Sport et accessibilité : de Paris 2024 à la stratégie 2030
Avant la Stratégie Sport & Handicap 2030, une première phase a été engagée au début des années 2020 pour poser les bases de l’accès au sport pour les personnes en situation de handicap. Elle a permis de structurer les premières aides, d’améliorer l’accès au matériel et de développer l’offre de pratique para-accueillante. La stratégie 2030 s’inscrit dans cette continuité, avec l’objectif de passer d’une phase d’expérimentation à un déploiement opérationnel et territorial, plus structuré et plus exigeant pour les acteurs locaux.
Une seconde stratégie construite sur un bilan
La stratégie 2030 est conçue comme une seconde étape, plus resserrée et plus opérationnelle. Elle s’appuie sur une large concertation avec les acteurs du parasport et les personnes concernées, ainsi que sur le bilan de la première stratégie nationale.
Plusieurs avancées concrètes issues de la première phase sont confirmées, notamment :
- la baisse de la TVA à 5,5 % sur le matériel sportif adapté,
- la désignation d’un référent activité physique et sportive dans les établissements médico-sociaux,
- la prise en charge intégrale des fauteuils roulants sportifs, désormais pleinement intégrée dans la nouvelle séquence.
Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle politique créée ex-nihilo, mais d’une logique d’amélioration continue. Les dispositifs existants sont consolidés, mieux outillés et déployés de manière plus homogène sur le terrain.
L’héritage des Jeux Paralympiques de Paris 2024
Les Jeux paralympiques de Paris 2024 ont joué un rôle d’accélérateur :
- augmentation du nombre de licences,
- visibilité accrue du parasport
- évolution du regard porté sur le handicap.
Cependant, malgré cette dynamique, l’écart de pratique avec la population générale reste significatif, ce qui justifie la mise en place d’un plan structuré à horizon 2030.
Les grandes évolutions du cadre 2030
La stratégie repose sur une architecture claire : 5 objectifs déclinés en 10 actions opérationnelles. Trois priorités transversales sont également mises en avant :
- donner envie,
- rendre accessible,
- accompagner et former.
Un élargissement assumé de l’écosystème
La stratégie dépasse le seul champ du mouvement sportif pour intégrer plus explicitement :
- l’école et l’enseignement supérieur,
- le médico-social,
- le sport-santé.
Cette approche globale vise à inscrire la pratique sportive dans l’ensemble des parcours de vie.
Un accent renforcé sur l’accessibilité des lieux et des événements
Dans la Stratégie Sport & Handicap 2030, l’accessibilité n’est plus traitée comme un simple complément ou une mise en conformité ponctuelle. Elle devient un standard attendu, c’est-à-dire un niveau de qualité minimal que les équipements sportifs et les événements doivent atteindre pour être considérés comme réellement ouverts à tous.
Concrètement, cela se traduit par trois évolutions majeures :
-
Des conditions de financement renforcées : l’obtention de subventions publiques est de plus en plus liée à la prise en compte réelle de l’accessibilité. Les projets d’équipements ou d’événements qui intègrent l’accessibilité dès la conception sont favorisés, tandis que les projets non accessibles deviennent plus difficiles à financer.
-
La mise à disposition de guides et d’outils opérationnels : l’État ne se limite plus à fixer des principes. Il fournit des référentiels, des guides pratiques et des outils d’aide à la décision pour aider les collectivités et organisateurs à concevoir des équipements et des événements accessibles, de manière homogène et sécurisée.
-
L’intégration de tests usagers : l’accessibilité n’est plus évaluée uniquement sur le papier. Des personnes en situation de handicap sont associées pour tester les lieux et les événements (en tant que sportifs, spectateurs ou bénévoles), afin de vérifier que les parcours, usages et services fonctionnent réellement dans la pratique.
Ce que cela change : on passe d’une logique déclarative ou réglementaire à une logique d’usage réel, où l’accessibilité se mesure sur le terrain et dans l’expérience vécue par les publics.
Les 5 objectifs et leurs impacts concrets sur le terrain
Objectif 1 : Donner envie de pratiquer (Actions 1 & 2)
Deux moyens viennent soutenir cet objectif.
Action 1 : Informer sur les bienfaits et l’offre para-accueillante
Un plan de communication est prévu, s’appuyant sur des plateformes existantes afin de mieux recenser et valoriser les structures accessibles, avec l’objectif d’en augmenter significativement le nombre.
Action 2 : Soutenir l’événementiel comme vitrine du parasport
La stratégie met l’accent sur :
- l’organisation de compétitions parasportives,
- l’intégration du parasport dans les grandes manifestations sportives,
- la pérennisation d’une journée dédiée au parasport,
- et le renforcement de la médiatisation.
Pour les clubs et collectivités, l’événementiel devient un levier d’image, de recrutement et de partenariats, avec une exigence accrue d’accessibilité réelle.
Objectif 2 : Rendre accessibles la pratique, les lieux et les événements (Actions 3, 4 & 5)
Action 3 : Rendre accessible la pratique sportive
La stratégie prévoit un renforcement des aides matérielles et techniques, ainsi qu’une meilleure prise en compte de l’accompagnement humain, notamment via des appels à projets et des soutiens aux clubs et associations.
La prise en charge intégrale des fauteuils roulants sportifs est pleinement intégrée au dispositif.
Action 4 : Rendre accessibles les lieux de pratique
Plusieurs mesures structurantes sont prévues :
- un fonds dédié de 2,5 M€ par an pour l’accessibilité des équipements sportifs,
- l’élaboration d’un référentiel interministériel d’accessibilité des équipements sportifs,
- des outils spécifiques pour l’accessibilité des espaces naturels, avec un objectif de 400 sentiers accessibles d’ici 2030,
- et un référentiel dédié aux stations de montagne, en lien avec l’héritage des Jeux d’hiver 2030.
Des initiatives comme des équipements multisports inclusifs ou des labels dédiés à l’accessibilité sont également citées comme leviers d’inspiration.
Action 5 : Rendre accessibles les événements sportifs
Pour les organisateurs d’évènements sportifs, plusieurs évolutions majeures sont prévues :
- un renforcement des critères d’accessibilité dans les financements publics,
- un accompagnement différencié selon la taille des événements,
- des guides et outils issus des retours d’expérience récents,
- et l’implication directe des personnes en situation de handicap via des tests usagers.
Cette approche marque le passage d’aménagements ponctuels à une logique de parcours complet, de l’arrivée sur site à l’expérience spectateur, en passant par la circulation, les sanitaires, la signalétique et la sécurité.
Objectif 3 – Accompagner et former les acteurs (Actions 6, 7 & 8)
La stratégie repose sur un principe clair : l’accessibilité progresse par la montée en compétence des acteurs.
- Champ sportif : déploiement de programmes de sensibilisation et de formation à destination des clubs et structures sportives.
- Champ éducatif : formation initiale et continue des enseignants, ressources numériques, diagnostics dans l’enseignement supérieur et coopération entre services.
- Médico-social et sport-santé : développement d’un réflexe sport au sein des MDPH, déploiement de l’activité physique quotidienne en établissements et orientation vers les Maisons Sport-Santé.
La création d’un Institut Parasport Santé illustre également le rapprochement entre santé, innovation et parasport.
Objectif 4 – Observation et évaluation : une stratégie pilotée par la donnée
La stratégie prévoit une méthodologie en plusieurs étapes :
- co-construction d’indicateurs,
- collecte et croisement des données,
- structuration des données de pratique licenciée,
- restitution accessible via des outils cartographiques et des interfaces dédiées.
L’accessibilité devient ainsi mesurable et pilotable dans la durée.
Objectif 5 – Gouvernance et territorialisation : le nerf de la guerre
Le déploiement s’appuie sur un réseau de référents sport et handicap, avec :
- un pilotage régional assuré par les DRAJES,
- et des instances départementales réunissant collectivités, mouvement sportif, MDPH, associations et structures médico-sociales.
La réussite opérationnelle repose sur ces coalitions locales.
Cartographie simplifiée des acteurs clés
Au niveau national
- Ministères en charge des Sports et du Handicap : cadrage, impulsion, financements.
- Comité Paralympique et Sportif Français : animation du mouvement paralympique et coordination.
- Agence nationale du Sport : soutien financier et accompagnement des projets.
- Acteurs de l’observation et de la donnée : production et encadrement des statistiques.
Au niveau territorial
- DRAJES : pilotage opérationnel régional.
- Collectivités : gestion des équipements, financements et organisation d’événements.
- Clubs, comités et associations : accueil et encadrement de la pratique.
- MDPH, établissements médico-sociaux et Maisons Sport-Santé : orientation et accompagnement des parcours.
Les étapes clés d’une mise en œuvre réussie pour les infrastructures et les événements
La réussite repose sur une séquence opérationnelle reproductible :
- Diagnostic d’accessibilité,
- Priorisation des points bloquants,
- Plan d’actions et phasage,
- Mise en conformité et mise en usage,
- Tests usagers,
- Mesure et amélioration continue.
C’est précisément dans ces étapes que des solutions techniques et des partenaires spécialisés, comme AXSOL, jouent un rôle d’accélérateur en rendant l’accessibilité possible rapidement, durablement et sans complexifier l’exploitation.
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